9 avril 2013, atelier

Récits d’une musicienne en quête de changement de rythme Si je veux éviter de marcher au son des cuivres, j’ai une ouverture qui se situe dans un laps de temps de moins de 15 minutes. A chaque échec, je me promets de noter à quelle heure sonnent les cloches de l’église pour éviter de me retrouver sur le chemin à ce moment-là.

J’ai échoué jour après jour et avance vers l’atelier, inexorablement accompagnée des sons de cloches en arrière fond. Le sentier accidenté me donne un air de pèlerin désarticulé… Je trace mon chemin entre les cratères de neige et de glace en fonte et je ne peux me départir de l’impression de faire mon chemin de croix.

Je vous le dis, ce ne sont pas des conditions pour se mettre au travail l’esprit serein.

A présent, la glace a considérablement fondu, et chaque jour je suis plus petite en comparaison de la hauteur des bâtisses que je longe.

Une fine pellicule de neige a effacé mes traces d’hier et sous la lumière mourante de la fin d’après-midi, je suis soudainement irradiée d’un vif sentiment de culpabilité. « Ça alors ! ça s’est donc su que je n’avais pas porté les pieds à l’atelier avant 17 heures ! »

Ma culpabilité judéo-chrétienne s’épanouit avec fulgurance dans ce décor de clocher de village… Une merveille d’efficacité !