Yet another review in the Hindu about the 26th of March concert in India / Une nouvelle critique dans le journal "Hindu" sur le concert du 26 mars en Inde

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La traduction (plus ou moins litérale):

La chanteuse suisse Sylvie Bourban et le guitariste suédois Mattias Windemo ont mis en place un bon spectacle de jazz, même si leurs morceaux ont été tirés de la musique moderne populaire occidentale.

Qu'est-ce que le jazz? Quand quelqu'un a posé la question à Louis Armstrong, il a répondu: «Madame, si vous devez poser la question, vous ne le saurez jamais." Pourtant, en dépit de l'indéfinissable déclaration du premier grand innovateur de jazz, de nombreuses tentatives ont été faites durant siècle dernier pour le définir; ils l'ont tous réduit grossièrement à l'hypothèse que ce qui distingue le jazz de la musique populaire occidentale de l'époque - appelez-là pop, rock, peu importe - est la place importante de l'improvisation.

Par définition, le concert de Sylvie Bourban (chanteuse d'origine suisse) et de Mattias Windemo (guitariste d'origine suédoise) à l'Alliance Française le 26 Mars était-il un concert de jazz? Pourquoi, par exemple, dans son annonce d'ouverture après le premier morceau, après avoir évoqué que le concert avait été annoncé comme jazz,  Bourban a émis un avertissement modeste et pour dire que leur musique s'inspire de différents genres et que le public trouverait ce soir le Jazz dans les harmonies, dans l'improvisation et dans le fait qu'ils n'effectuent jamais la même chanson deux fois de la même façon?

Depuis plus de cent ans, de nombreux chanteurs ont travaillé dans l'industrie du jazz en n'improvisant presque jamais et beaucoup d'autres n'ont improvisé qu'à de rares occasions. Tous ces chanteurs étaient appelés musiciens de jazz parce que même s'ils n'improvisaient pas, ils étaient accompagnés par des orchestres comportant certains des plus grands instrumentistes improvisateurs de jazz contemporain.

Bourban et Windemo, par ce critère, ont mis en place avec certitude un concert qui n'était pas seulement du jazz, mais du bon jazz, sans parler du fait que la quasi-totalité de leur répertoire est tiré de la musique populaire occidentale actuelle, que ce soit du folk, pop ou rock, en anglais ou en français, ou même dans le patois du village natal de Bourban. Et ce n'était pas seulement Windemo qui  a improvisé; Bourban aussi. Pas sur chaque chanson, mais sur la grande majorité, en utilisant avec avantage le scat, moyen d'improvisation des chanteurs de Jazz avec l'utilisation de syllables dénuées de sens. Et non seulement elle l'a fait en anglais, mais elle a scatté en français également! Signifiant, bien sûr, que les syllabes  ont été inspirées de phonétique française au lieu de l'anglais.

Le répertoire des standards de jazz n'a pas été complètement épargné par Bourban et Windemo. Quand ils ont repris le standard «Fine and Mellow» de Billie Holiday, ils ont surpassé la grande chanteuse de jazz - celle qui n'improvisait jamais - parce que Bourban a ajouté du scat français aux paroles en anglais avant que Windemo joue un solo de guitare qui égalait les grands instrumentistes qui avaient travaillé dur avec Holiday. Son scat de chants d'oiseaux pour 'Blackbird', le  classique de Lennon-Macartney est un autre bel exemple de ce qu'elle pouvait faire pour amener le jazz dans une chanson pop. Et quand ils ont repris «Autumn Leaves», une chanson pop vintage du milieu du 20e siècle, non seulement elle a chanté en français (d'ailleurs, c'était une chanson populaire française appelée «Les Feuilles Mortes» ou «The Dead leaves» avant qu'elle ne trouve une nouvelle vie aux États-Unis et en Grande-Bretagne quand Nat King Cole l'a chantée avec les paroles en anglais), mais aussi en anglais, en ajoutant du scat Français au milieu.

Ce morceau rappelait Cole (qui a chanté les paroles en français et en anglais) ainsi que Bobby McFerrin, l'un des plus grands chanteurs de jazz de tous les temps, même si ce n'est seulement que plus ou moins sur un siècle de jazz, car McFerrin est le roi du scat et connu presque exclusivement pour utiliser le scat plutôt que de chanter les paroles réelles même si elles existent (bien que sa version de cette chanson comprends à la fois de l'Anglais et du scat). Et non seulement cela, mais sa prononciation, contrairement à celle de Cole, était parfaite dans les deux langues!

Rien de ceci n'est surprenant, car Bourban est partie étudier à Boston à l'aide d'une bourse d'études au célèbre Berklee College of Music de Boston, où elle a interagit avec de nombreux grands noms du jazz dont McFerrin lui-même, et où elle a sans aucun doute perfectionné sa diction anglaise.

Certes, elle n'a pas improvisé sur chaque chanson, même si entre elle et Windemo ils l'ont fait sur la quasi-totalité du concert. En vérité, le répertoire, inspiré presque dans son entier en dehors des canons de jazz, était singulièrement dépourvu du style des "tappeurs de rythme du pied" que la plupart des gens associent au jazz. En fait, il a été presque entièrement constitué de pièces sentimentales ou sérieuses et de chansons d'amour.

Mais le jazz est une vaste église, et si quelqu'un leur avait posé la question à laquelle Armstrong avait dû répondre, ils auraient pu réponde avec justesse: «Ce que nous faisons, c'est du jazz." Et, avec deux musiciens accomplis, c'était du "bon" jazz en plus.

JAZZEBEL (journal THE HINDU)