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Ouagadougou, la théorie du ressort

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Et entre visiteurs, nos éclectiques coutumes se confrontent et cohabitent. On gère nos stress et nos différentes échéances. Ça cohabite en harmonie et en effondrements aussi naturellement qu’un convoi de chameaux. De loin, c’est harmonieux, de plus près carrément chaotique. De trop près c’est objectivement indémêlable. Un groupe d’artistes, ça te fait grimper les émotions en symétrie à une vitesse vertigineuse. L’ascenseur ayant comme seul défaut d’avoir accès au 36ème dessous tout aussi sec.

Le matin c’est le chant du muezzin qui nous réveille une première fois, vers les 5 heures. On compare la mélodie du jour du chanteur en haut de sa tour… plus ou moins créatif, le rossignol.

C’est Greg qui, le premier matin, a égayé le petit déjeuner en demandant si on avait remarqué que la mélodie du jour, avec pour paroles « Allahou Akbar », se chantait sur la mélodie de « ce n’est qu’un au revoir ». C’est un boute-en-train ce grand gaillard. Des fois à l’observer,  je me dis qu’il a quelque chose d’un rien “statuesque” qui frôle l’intouchable. Et c’est la narine qui bouge en premier, s’ensuit un petit « rrr » dans la gorge et puis c’est l’éclat de rire digne d’un enfant de 5 ans qui fait voler en éclat le plâtre et la stature. Greg, il rit comme un ressort, ça part du diaphragme en ondes de chocs. A observer c’en est presque une chorégraphie. Et surtout c’est irrésistiblement contagieux.

Certains vendent de l’amour,  de l’inconditionnel, du piquant, de la lourdeur, moi, je vends des théories. Je me vends mes théories euristiques jusqu’à l’épuisement. C ‘est mon obsession salutaire actuelle : l’épuisement de la question.

Je m’y applique avec assiduité et sans volontarisme. Mes théories je m’y accroche comme à la merveille de l’inspiration. Je m’y accroche comme certains se libèrent et ça nourrit mon désert, que je traverse comme tout un chacun. Cela m’amènera jusqu’à ma prochaine prise de tête qui va repeupler mon monde intérieur pour quelques heures et quelques jours si j’ai de la chance, jusqu’à ce que j’attrape la prochaine inspiration qui nourrira ma lubie du moment.

Et entre deux révolutions, je me nourris du rire à ressort de mon camarade qui semble avoir été posé là pour prendre soin et pour, de temps en temps, partager une faille salutaire à laquelle s’éclairer et se rassurer que l’égo, le charisme et la candeur peuvent s’abriter sous la même coiffe. Ca te réchauffe comme un feu de bois bien sec qui craque, chauffe et t’offre les plus belles nuances de bleu vif.

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Copyright 2016 / Sylvie Bourban