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Depuis New York

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La ville qui ne dort jamais… je confirme. Il est 3 heures 30 du matin et je rentre de la première session de travail avec ma productrice Magda. Droit au but. Nous arrivions toutes deux d’Europe le jour même, et à 23 heures, au studio d’enregistrement d’East Village, nous avons aussitôt décidé que nous nous raconterions les détails de nos vies à un autre moment. Et les 12 titres passent à la loupe. On ajoute un violon sur la dernière chanson, on décide de l’instrumentation, de la forme de chaque morceau, du rythme choisi, et c’est passionnant, nous parlons le même language.

Et dans le reflet du piano à queue, mes cernes me donnent des allures de raton laveur. La pensée me fait sourire.

Je rentre de la session de travail avec un sentiment surprenant… le choix n’est à nouveau pas commercial. C’est mon 7ème album, et cela se produit une fois de plus. Je suis aux premières loges pour observer avec quel naturel nos décisions se prennent et même si parfois une fugace pensée traverse ma conscience: “Sylvie, le choix n’est pas commercial”… la pensée est vite effacée par l’évidence du dessein que nous avons pour chaque chanson. Un solo de contrebasse semble indispensable pour ce morceau, oh et pour celui-ci une ambiance sombre pour ajouter un 2ème sens et ne pas tomber dans le littéral est nécessaire…

Mon coeur est léger puisque il est si doué à m’apprendre à le suivre. Mon corps exulte et travaille déjà à la modification de sa perception pour se mettre au service des chansons choisies.. Mon esprit? Mon esprit s’agite, il lutte contre le conditionnement. Le conditionnement des oreilles aux sons “à la mode”, le formatage aux sons compressés, autotuné à outrance,  trafiqués, perfectionnés jusqu’à l’appauvrissement. Et tout cela de manière discrète et progressive. De quoi nourrit-on nos oreilles de nos jours sur les radios? Comment illustrer ma pensée? Des sons, comme si l’image est “nette de chez nette” mais la profondeur est partie, effacée par un pigment tellement percutant qu’il nous en fait oublier la beauté des nuances que l’on y perd!

L’automne aux Etats-Unis me rappelle le plus à notre séjour à Boston. J’y retrouve les odeurs, les feuilles mortes, les pumpkins, les décorations de halloween, le cidre chaud, Dieu que l’automne est romantique aux Etats-Unis!  Tout appelle à la grâce, à la liberté.

Au sortir de l’avion le double effet New Yorkais m’envahit, comme à chaque fois. La liberté me remplit, des pieds jusqu’aux racines, en même temps qu’une brutalité me frappe en plein visage. Etrange sentiment, où les contradictions cohabitent, en chiens de faïence. mettant l’autre au défi de qui va se manifester avec le plus de charisme.

 

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Copyright 2016 / Sylvie Bourban