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18 mars 2013, Calcutta, Inde

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Récits d’une musicienne en quête de changement de rythme

“7 concerts dans 6 villes différentes en 10 jours, c’est beaucoup trop serré, je vais partir en Inde une semaine avant, histoire de me laisser le temps d’atterrir, de m’habituer à l’ambiance, de me reposer du long voyage, j’avais dit…”

Tu parles !

Dans la voiture pour l’aéroport de Jaipur, ça m’a heurté et j’ai été obligée de rire… Je suis arrivée il y a une semaine et je suis dans un état de stress et de fatigue comme si j’étais là depuis 1 mois ! J’ai vu le soleil se lever la plupart des jours et n’ai jamais dormi plus de 4 heures par nuit… J’ai voyagé plusieurs fois en train, en voiture et en avion, j’ai emmagasiné plus d’informations que ma mémoire ne peut contenir, j’ai perdu 4 kilos et je suis en constant trop plein d’émotions. Seulement un concert de passé et déjà je me sens au bout du rouleau.

J’ai pensé que Calcutta serait moins stressante… j’y suis arrivée il y a bientôt 4 heures et je suis à peine sortie de la voiture, dans les klaxons incessants, à la recherche de…. Mon hôtel. Au bord de la nausée due à la pollution, les odeurs, la chaleur, et je n’ai encore rien mangé aujourd’hui puisque j’ai quitté l’hôtel de Jaïpur à 5 heures ce matin.

Pas un mot d’Anglais (ni de hindi pour moi, ni de Bengali d’ailleurs), aucune réponse claire, et nous naviguons d’un hôtel à l’autre sans jamais trouver le bon. La circulation à Calcutta est encore pire que ce que j’avais pu découvrir de l’Inde. Les règles sont totalement individuelles et anarchistes. Au vu des rues à sens inverse que nous avons prises, sans même ralentir pour voir ce qui nous attendait, je n’ai qu’une seule explication : Les voitures à Calcutta ont le pouvoir de rétrécir ! Le chaos… personne ne ralentit, jamais. Les voitures, vaches, tuk tuks, motos, vélos et gens transportant des choses sur la tête se mélangent, sans aucun sens établi et chacun se guide au son des klaxons. Je n’ai encore vu aucun chauffeur regarder dans le rétroviseur avant de reculer. Vraiment, je n’ai aucune explication.

Quand je dis Klaxons incessants, c’est pas tellement que les gens klaxonnent souvent… c’est que les klaxons ne cessent jamais. C’est comme si des milliers de personnes appuyaient sur le klaxon sans jamais le lâcher. Un la et si bémol constant.

Je me voyais dans un jeu de Super Mario Bross, et à chaque « presque collision », je voyais mes vies restantes clignoter… Misère ! Après 1 heure de sueurs froides, j’ai décidé de mettre un bras sur le plafond pour que ma tête cesse de se cogner et de fermer les yeux,. Je découvrirai les rues de Calcutta une autre fois.

Je me suis élancée finalement dans les rues de Calcutta. Cette ville m’avait effrayée au premier abord, et j’ai tout de même décidé de m’immerger… Couverte, comme toujours de la tête aux pieds, mon occidentalisme et moi sommes allés au marché… la vie de la rue s’arrêtait à chaque mètre pour me scruter, me lancer des regards tout à fait dissuasifs et après peu de temps je me demandais au nom de quoi je me baladais dans cette rue. Observer la pauvreté et l’exotisme me semblait totalement déplacé et je me trouvais honteuse de ne pas comprendre ce que je faisais là! Qu’avais-je souhaité rencontrer? Je suis rentrée à l’hôtel et ai attendu mon transfert au prochain hôtel où j’allais retrouver Mattias, mon guitariste venu de Suède.

Je n’ai jamais été aussi heureuse de revoir Mattias. Mattias est un être compliqué. Retrouver Mattias à l’hôtel m’a remplie de joie. Et rejouer notre musique ensemble m’a remplie d’émotion.  Je me réjouis beaucoup de notre concert de ce soir.

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