Photos

2

Il faut que je me casse!

Composition: Sylvie Bourban
Chant: Sylvie Bourban
Piano: Olivier Magarotto
Guitare: Julien Revilloud
Vidéo: Only French
Filmée à l’occasion d’une soirée à l’Institut Français de Ouagadougou au Burkina Faso. Merci à “Une Chanson pour l’Education” pour cette magnifique opportunité!

photographie: Lauren Pasche

Précieux débriefing visuel

Depuis mon retour du Burkina, je n’ai pas encore retrouvé la patère où j’ai pour habitude d’accrocher mes illusions. Rôdent encore autour de moi les sensations de l’Afrique.

Se souvenir de la magie, se souvenir.

Mon visage a mémorisé les heures passées à l’arrière du pick-up, grisée par la caresse du vent, des odeurs et des sensations de là-bas.

C’est grâce à Maï tout ça. Un soir où elle m’avait consolée d’un incident traumatisant, elle m’avait cédé sa place à l’arrière de la moto, indiquant au chauffeur que mon visage avait besoin d’être lavé de beaucoup d’air et mon corps d’être accueilli par le courant. Etait-ce son exacte formulation? Si les mots ne rendent pas justice à l’exactitude de ses paroles, le sens y est furieusement fidèle. J’indique à mon cavalier  dans la nuit, qu’il a oublié d’allumer ses phares. Il me répond qu’il songera à les réparer au matin. Ses priorités me semblent tout à fait adéquates. Je coince ma jupe dare-dare pour éviter de freiner notre allure. De temps en temps, mon chauffeur s’assure que je m’en sors bien à cette tâche. C’est ainsi et avec amusement que je choisis d’interpréter ces gestes. 

Et mes courts cheveux se prennent pour une tignasse et mes yeux se fichent pas mal du sable et mes dents crissent un peu à l’arrivée avec un petit goût de métal, même pas désagréable. Nous nous sommes tous habitués depuis notre arrivée ici à faire du sable notre nourriture quotidienne. Incidence saisonnière.

Arrivée à destination j’ai décrété que mon corps ne verra plus l’intérieur d’une voiture sur sol africain.

Et au risque de continuer à vous déblatérer mes belles phrases d’une profondeur toute grammaticale, je vous partage une photographie qui témoigne précisément de ces instants. Lauren Pasche, magnifique photographe et précieux être humain au demeurant a veillé à saisir les images d’émotions qui font du bien à être illustrées.

De nos jours y a pas mieux qu’une Lauren pour faire un débriefing visuel qui replace les émotions au bon endroit et valide les plus précieux et magiques moments ressentis.

 

 

 

2

L’ancêtre de la chanson

Damien, c’est comme un invité qui arrive à l’improviste et qui frappe toujours juste. Quand il frappe, il s’empare de la situation, et c’est lui qui mène le bal pour le temps qu’il aura estimé à son goût, à son amusement.

Il arrive et repart sans qu’il n’ait manqué parce que jamais il n’a été absent. C’est son super pouvoir à lui.

 

Sa deuxième formidable compétence, c’est celle de mettre invariablement son partenaire en évidence. Même avec une vacherie, il arrive à orienter le projo sur son camarade de jeu avec une habileté déconcertante.

Avec lui, n’importe qui fait un combo magnifique.

Il propose une danse dans laquelle l’adversaire doit rester sur ses pointes pour éviter de s’aiguiser les dents sur un angle de vue un peu trop abrupt.

 

Ce qui est garanti : A aucun moment il ne te mettra à l’aise.

Ce qui est immanquable: Tu ne t’en sortiras jamais indifférent.

 

Et avec un tempo effréné et sans en rater une, le Z attrape la discussion au vol et manie férocement la répartie avec une légèreté de baladin.

Il distille un dosage dont lui seul a le secret, entre affectueux et licencieux – toujours tendre.

 

Je m’assieds à côté de lui. Il me regarde de haut en bas, flegmatique : Je n’ai pas d’avis sur cette chemise, Sylvie.

Ouagadougou

Ouagadougou, la théorie du ressort

Et entre visiteurs, nos éclectiques coutumes se confrontent et cohabitent. On gère nos stress et nos différentes échéances. Ça cohabite en harmonie et en effondrements aussi naturellement qu’un convoi de chameaux. De loin, c’est harmonieux, de plus près carrément chaotique. De trop près c’est objectivement indémêlable. Un groupe d’artistes, ça te fait grimper les émotions en symétrie à une vitesse vertigineuse. L’ascenseur ayant comme seul défaut d’avoir accès au 36ème dessous tout aussi sec.

Le matin c’est le chant du muezzin qui nous réveille une première fois, vers les 5 heures. On compare la mélodie du jour du chanteur en haut de sa tour… plus ou moins créatif, le rossignol.

C’est Greg qui, le premier matin, a égayé le petit déjeuner en demandant si on avait remarqué que la mélodie du jour, avec pour paroles « Allahou Akbar », se chantait sur la mélodie de « ce n’est qu’un au revoir ». C’est un boute-en-train ce grand gaillard. Des fois à l’observer,  je me dis qu’il a quelque chose d’un rien “statuesque” qui frôle l’intouchable. Et c’est la narine qui bouge en premier, s’ensuit un petit « rrr » dans la gorge et puis c’est l’éclat de rire digne d’un enfant de 5 ans qui fait voler en éclat le plâtre et la stature. Greg, il rit comme un ressort, ça part du diaphragme en ondes de chocs. A observer c’en est presque une chorégraphie. Et surtout c’est irrésistiblement contagieux.

Certains vendent de l’amour,  de l’inconditionnel, du piquant, de la lourdeur, moi, je vends des théories. Je me vends mes théories euristiques jusqu’à l’épuisement. C ‘est mon obsession salutaire actuelle : l’épuisement de la question.

Je m’y applique avec assiduité et sans volontarisme. Mes théories je m’y accroche comme à la merveille de l’inspiration. Je m’y accroche comme certains se libèrent et ça nourrit mon désert, que je traverse comme tout un chacun. Cela m’amènera jusqu’à ma prochaine prise de tête qui va repeupler mon monde intérieur pour quelques heures et quelques jours si j’ai de la chance, jusqu’à ce que j’attrape la prochaine inspiration qui nourrira ma lubie du moment.

Et entre deux révolutions, je me nourris du rire à ressort de mon camarade qui semble avoir été posé là pour prendre soin et pour, de temps en temps, partager une faille salutaire à laquelle s’éclairer et se rassurer que l’égo, le charisme et la candeur peuvent s’abriter sous la même coiffe. Ca te réchauffe comme un feu de bois bien sec qui craque, chauffe et t’offre les plus belles nuances de bleu vif.

Ouagadougou

Ouagadougou, la terre et le sable

Dans l’avion, je me surprenais n’avoir aucun souvenir de 16 ans auparavant. Il a suffi de quelques secondes à ma sortie de l’avion, pour que l’odeur du Burkina me ramène instantanément à mes anciennes sensations. L’émotion a doucement serré mon larynx.

La terre.

C’était la terre qui m’avait laissé le souvenir le plus fort. Battue, ocre.

A travers le hublot, Ouagadougou est embrumée… Mais la brume, quand elle est sèche et qu’elle pique les yeux, c’est de la poussière.

Partout, le sable.

 

Au matin, l’énergie est bienveillante et j’apprécie chacun de mes camarades de jeux. C’est Damien qui met mon baromètre au « bleu ciel » aux premiers mots échangés :

-Tu penses que j’ose prendre cet escalier en colimaçon ?

-Je sais pas j’ai pas encore regardé ton cul.

Une merveille de rugosité cet homme.

 

Cet après midi, remontent mes souvenirs de Nassahara : ça va ? Un petit « ça va « fait office de salut ici. Et c’est toujours souriant. Le plaisir de se côtoyer et de s’interpeler est rieur et spontané. Une petite fille m’offre des citrons. Temps d’arrêt, à la recherche de mon argent, elle chasse ma question d’un geste de la main et d’un petit rire dans sa gorge. Cadeau.

 

Première rencontre musicale du séjour : Diko fils avec qui j’ai répété une chanson en Bambara, dit plutôt Djoula par ici. C’est la langue commerciale et la langue du Mali également. Je me réjouis d’interpréter avec lui sur scène cette chanson “Faty” dans laquelle il demande pardon de n’avoir pas été présent pour accompagner sa mère vers l’au-delà.

Dicko est Peuhl. Il en tient les marques et le port de tête. Il est petit, sérieux et fier.  Le sourire n’est pas bien loin, mais il maintient le vousoiement.

Je sens sa présence malgré son regard lointain.  C’est une force douce et perçante à laquelle je m’habitue petit à petit.

 

–       Dicko fils, es-tu devenu Dicko père quand tu as été papa ?

–       Non. Je suis Dicko fils et mes enfants aussi.

–       Et toi ? Es-tu Sylvie mère ou Sylvie grand-mère ?

Template photos blog sylvie

A trop penser

En Avril 2015, après une longue traversée du “désert de la page blanche”, Raphaël Noir et son équipe d’Hors Zone sont venus me donner un défi: une composition dans un bus, au milieu de nulle part, en 2 heures chrono.

En octobre, j’ai enregistré cette chanson avec des paroles un peu modifiées, chez Flux Studio à New York. Sur le CD qui sortira en mai 2016, je serai accompagnée du magnifique pianiste Juan Andrés Ospina.  En attendant, en cadeau pour vous une version filmée par Simon C. F. Yu:

jerusalem

Jérusalem

Les gens fument au café du Jerusalem Hotel. Tous. Le chat noir à longs poils est venu s’installer près de moi et par la fenêtre, je regarde les pierres blanches de la porte de Damas.

La première chose qui m’interpelle, c’est la pâleur des pierres, et cette poussière blanche, partout ! Même les arbres ont le vert qui tend vers le gris.

J’entends de la musique ! Oh, du jazz ! Je ris… Pendant quelques secondes j’ai cru qu’on jouait du jazz dans la rue… Avant de m’apercevoir que ce sont les chanteurs en haut des tours qui ne se sont pas forcément mis d’accord sur la tonalité.

Le résultat est très jazz, avec de belles notes colorées qui tendent la mélodie juste assez longtemps avant de la résoudre.

Les chants de Jérusalem et le chat de l’hôtel me souhaitent la bienvenue !

1

Interview à la potagère, Octobre 2015!

Joël Cerutti, c’est un original au grand coeur, amoureux de l’absurde du tendre et de l’humain.

Il est, à ses heures perdues, mon co-compositeur du blues des marmottes anorexiques… c’est dire!

C’est une invitation qu’on ne refuse pas, même avec un lumbago…

Et ça donne ça:

VIDEOS! 

 

2

Depuis New York

La ville qui ne dort jamais… je confirme. Il est 3 heures 30 du matin et je rentre de la première session de travail avec ma productrice Magda. Droit au but. Nous arrivions toutes deux d’Europe le jour même, et à 23 heures, au studio d’enregistrement d’East Village, nous avons aussitôt décidé que nous nous raconterions les détails de nos vies à un autre moment. Et les 12 titres passent à la loupe. On ajoute un violon sur la dernière chanson, on décide de l’instrumentation, de la forme de chaque morceau, du rythme choisi, et c’est passionnant, nous parlons le même language.

Et dans le reflet du piano à queue, mes cernes me donnent des allures de raton laveur. La pensée me fait sourire.

Je rentre de la session de travail avec un sentiment surprenant… le choix n’est à nouveau pas commercial. C’est mon 7ème album, et cela se produit une fois de plus. Je suis aux premières loges pour observer avec quel naturel nos décisions se prennent et même si parfois une fugace pensée traverse ma conscience: “Sylvie, le choix n’est pas commercial”… la pensée est vite effacée par l’évidence du dessein que nous avons pour chaque chanson. Un solo de contrebasse semble indispensable pour ce morceau, oh et pour celui-ci une ambiance sombre pour ajouter un 2ème sens et ne pas tomber dans le littéral est nécessaire…

Mon coeur est léger puisque il est si doué à m’apprendre à le suivre. Mon corps exulte et travaille déjà à la modification de sa perception pour se mettre au service des chansons choisies.. Mon esprit? Mon esprit s’agite, il lutte contre le conditionnement. Le conditionnement des oreilles aux sons “à la mode”, le formatage aux sons compressés, autotuné à outrance,  trafiqués, perfectionnés jusqu’à l’appauvrissement. Et tout cela de manière discrète et progressive. De quoi nourrit-on nos oreilles de nos jours sur les radios? Comment illustrer ma pensée? Des sons, comme si l’image est “nette de chez nette” mais la profondeur est partie, effacée par un pigment tellement percutant qu’il nous en fait oublier la beauté des nuances que l’on y perd!

L’automne aux Etats-Unis me rappelle le plus à notre séjour à Boston. J’y retrouve les odeurs, les feuilles mortes, les pumpkins, les décorations de halloween, le cidre chaud, Dieu que l’automne est romantique aux Etats-Unis!  Tout appelle à la grâce, à la liberté.

Au sortir de l’avion le double effet New Yorkais m’envahit, comme à chaque fois. La liberté me remplit, des pieds jusqu’aux racines, en même temps qu’une brutalité me frappe en plein visage. Etrange sentiment, où les contradictions cohabitent, en chiens de faïence. mettant l’autre au défi de qui va se manifester avec le plus de charisme.

 

1

Soirée à l’ambassade Suisse de Paris

Voici deux photos souvenirs de ma participation à une belle fête à Paris le 9 juillet 2015, à l’ambassade de Suisse de Paris

J’y ai écrit puis interprété deux arrangements: L’hymne national et la Marseillaise.

Une belle expérience et une occasion de jouer avec le talentueux et renommé pianiste: Cédric Hanriot

2

Il faut que je me casse!

photographie: Lauren Pasche

Précieux débriefing visuel

2

L’ancêtre de la chanson

Ouagadougou

Ouagadougou, la théorie du ressort

Ouagadougou

Ouagadougou, la terre et le sable

Template photos blog sylvie

A trop penser

jerusalem

Jérusalem

1

Interview à la potagère, Octobre 2015!

2

Depuis New York

1

Soirée à l’ambassade Suisse de Paris

Mon blog

2
2
26
Apr
26
Apr
2
26
Apr
photographie: Lauren Pasche
photographie: Lauren Pasche
05
Mar
05
Mar
photographie: Lauren Pasche
05
Mar
2
2
26
Feb
26
Feb
2
26
Feb
Copyright 2016 / Sylvie Bourban